« Francis, le petit frère de l'écrivain Jack Waterman, est "lecteur sur demande". Un coup de fil et il arrive chez vous dans sa Mini Cooper. Il aime les textes qui parlent des Indiens, de la traite des fourrures, de la place immense que le français a déjà occupé en Amérique. Sa cliente principale est Limoilou, une jeune fille de Québec qui porte encore aux poignets les cicatrices qu'elle avait à la fin de La traduction est une histoire d'amour. Les mots que lit Francis ont parfois des vertus thérapeutiques. Le petit frère serait presque heureux, mais il y a ce rendez-vous manqué avec une mystérieuse femme, et la "Police montée" qui le prend en filature devant les Plaines d'Abraham où la Nouvelle-France est tombée jadis aux mains de l'Angleterre... »
C'est le tout nouveau roman de Jacques Poulin, un auteur que j'adore et dont j'avais déjà parlé ici. Bon, pour commencer, il faut dire que je m'extasie toujours devant la présentation matérielle des éditions Actes Sud/Leméac... Un livre étroit, des pages au papier crème, une typographie délicieuse... J'aime beaucoup avoir l'objet entre les mains.
Après ça... Pour ce qui est de l'histoire, je n'hésite jamais à conseiller les livres de Poulin à tout le monde tellement c'est de belles histoires bien faites... Sauf que là, ça a pas vraiment marché. C'est vraiment plate à dire, je l'attendais tellement s'te livre là, mais je n'ai pas accroché. Déjà en partant, l'auteur nous ramène des personnages croisés dans ses livres précédents (surtout La traduction est une histoire d'amour et La tournée d'automne). Ce n'est pas un problème en soi, généralement, mais pour vous dire franchement (et prendre le risque d'avoir l'air bizarre !) j'ai eu l'impression que l'Empereur Jark avait bidouillé dans la trame du récit... Que Thursday avait fait de son mieux pour cacher les catastrophes qu'il avait fait et que c'était ce que ça avait donné ! Bref, un drôle de récit où Francis, le frère cadet de Jack (connu dans La traduction est une histoire d'amour), a une sorte d'obsession sur le fait qu'il est le frère cadet et que à cause de ça il allait jamais rien faire de bon dans la vie... Il est appelé pour faire la lecture à une dame, trouve la maison vide et se fait suivre par la "police montée" (ce qui est totallement hors sujet du récit sois dit en passant... Ça n'amène rien en tout cas... Surtout que le policier en question ressemblait à un personnage sorti tout droit d'un mauvais policier, d'où mes soupçons concernant Jark... Je le soupçonne d'avoir désintégré le vrai policier et la femme et qu'ils n'avaient plus de personnages de substitutions en stock) et autres drôles de choses, mais je ne veux pas vous "vendre le punch" comme on dit ! J'ai peut-être manqué des subtilités pendant la lecture... mais bon. Bref, ce n'est pas le livre du siècle... Quoique je le conseille quand même à ceux qui ont lu La traduction est une histoire d'amour, ça reste du Poulin quand même.
Un rendez-vous manqué, mais je retenterai une autre fois !
L'anglais n'est pas une langue magique, Jacques Poulin, Actes Sud/Leméac, 2009