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Osez.

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« Vous qui entrez ici, laissez derrière tout espérance... »

Ecstasy
« "Et toi, tu sais pourquoi Van Gogh s'est taillé une oreille ?"
C'est par cette énigme que Miyashita, le je fragile de l'histoire, va se laisser entraîner dans un autre jeu - qui lui sera fatal - de relations sadomasochistes. Aspiré malgré lui par la recherche vertigineuse du plaisir et des drogues, il ira en un crescendo terrifiant jusqu'au point de non-retour.
Ecstasy est le premier volume de la trilogie intitulé par l'auteur Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort. »


   Premier tome, donc, de cette trilogie que j'ai lu tout à l'envers en commençant par celui-ci, en continuant par Thanatos et en terminant par Melancholia. Je vous le dis tout de suite, il n'est pas nécessaire de les lire dans l'ordre. Chaque livre apporte des éléments nouveaux mais ne constituent pas une suite logique. D'ailleurs, il n'y a pas vraiment de suite, ni de logique dans cette relation trioliste sadomasochiste que forment Yazaki, Keiko et Reiko.
   J'ai lu celui-ci il y a plusieurs années, ignorant totalement à quoi j'avais à faire en m'apparant de ce livre de bonne taille qu'était Ecstasy à l'époque.
   Et quelle surprise ! Assez agréable... Enfin, plutôt ambigue.
   Il faut dire que je suis quelqu'un qui n'a pas vraiment de tabou dans la vie (sexuelle ou autre). Alors tomber sur un livre pareil ! Ça ne me dérangeait pas. Et quel livre ! Des trois, c'est mon préféré, suivi tout de suite de Thanatos. Ecstasy est un récit étrange et, il faut le dire, assez excitant. Keiko est quelqu'un de fascinant, quoiqu'un peu froide, mais ça reste qu'elle a une personnalité forte.
   Je suis resté un bon moment sous l'emprise de cette histoire tordue qui montre un aspect de la société japonaise contemporaine tout autre que celle qui nous est montrée dans les divers médias.
   Les autres de Murakami sont aussi comme ça ? Il va falloir que j'expérimente à nouveau, je crois !


Melancholia
« Yazaki se confie à Michiko, une journaliste japonaise installée à New York. Pourquoi a-t-il été SDF ? Quelle est la nature de la passion jalouse et dévorante qui l'a lié à Reiko et dont il prétend avoir réussi à guérir ? Quel rôle a joué sa rencontre avec Johnson, un autre sans-logis, qui, en phase terminale d'un sida, finit par se suicider ? Réflexion sur les métaphores du désir, de la jouissance et de la souffrance, Melancholia décrit le lent processus de fascination exercé par le récit de Yazaki sur Michiko. Mais sous l'apparente sincérité des propos de Yazaki se cache la possibilité d'un nouveau piège, l'occasion d'un jeu pervers redoublé, comme en témoigne le coup de théâtre des dernières pages qui plongent brutalement le lecteur dans l'horreur.
On ne souffre réellement, comme on ne jouit d'ailleurs, que de son imagination,  semble le leitmotiv de ce second volet de la trilogie - avec Ecstasy et Thanatos - regroupée par Murakami sous le titre "Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort". »


   Comme le dit la quatrième de couverture, c'est le deuxième volet de la trilogie de Murakami. Pour ma part, c'est le dernier puisque je l'ai lu en dernier après Ecstasy et Thanatos. Je n'en suis pas déçu. De mon point de vu, c'est celui que j'aime le moins, qui m'a fasciné le moins. Yazaki est véritablement et indéniablement un manipulateur pervers qui prend plaisir à torturer les femmes qui croisent sa route. On le découvre très tôt dans Ecstasy, on en est persuadé avec Thanatos et je dois dire que j'ai bien voulu lui donner une chance au début de Melancholia. Mais j'ai eu tort, évidemment. La fin, tragique si on le veut (à cause du caractère irréel qu'elle revêt), nous renforce dans l'idée que c'est un homme des plus dangereux à côtoyer.
   Murakami nous fait découvrir l'univers de ce trio par des yeux extérieur, jamais aucun des membres ne livre ses propres réflexions dans la narration. La relation du trio - Yazaki, Keiko et Reiko - est toujours vu par un regard extérieur, dans le cas des deux femmes, c'est par un homme rencontré par hasard, dans le cas de Yazaki, c'est une femme. La relation du trio fascine et ne laisse en aucun cas indifférent.


Thanatos
« Un photographe installé à Cuba est convoqué pour servir d'interprête auprès d'une compatriote japonaise suspectée par les services de l'immigration. Cette femme, Reiko, extrêmement belle, jadis actrice à Paris, lui raconte son histoire, sa rencontre avec Kataoka Keiko et celui qu'elle appelle "le maître", et les relations intenses, fondées sur le plaisir et la soumission, qui se noueront entre eux. Réflexion sur l'identité, la sexualité, les métaphores du désirs, de la jouissance et de la souffrance, Thanatos forme le dernier volet, après Ecstasy et Melancholia, de la trilogie regroupée par Murakami sous le titre de "Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort". - et en fournit en quelque sorte la clé. À l'opposé d'une lecture voyeuriste, les relations sadomasochistes y apparaissent comme le miroir grossissant de tensions sociales poussées à leur paroxysme. »


   Je ne sais pas trop quoi dire à propos de ce livre. Il y a quelques années, j'ai acheté (sans trop savoir) Ecstasy de Murakami et j'ai été fortement secouée par sa lecture. Je pensais sincèrement m'arrêter là, non parce que j'ai trouvé ça mauvais (bien au contraire), mais parce que je ne croyais pas qu'un auteur puisse écrire plus d'un livre qui arriverait à ébranler de la sorte. Au début de la semaine, je suis tombée sur les deux autres livres de la trilogie, que j'ai acheté finalement. Et celui là m'a autant secoué que l'autre. Je l'ai lu en une journée à peine, tellement je voulais savoir et tellement le style de la narration nous entraine avec lui. Reiko monologue sans réelle ponctuation, à cause de son état mental, mais aussi pour épouser la forme de ses souvenirs et de la mémoire qui s'écoule d'elle comme une rivière.
   Un trio comme celui formé par Yazaki, Keiko et Reiko fini toujours très mal et on le voit ici. Reiko, déjà frêle par son histoire personnelle n'en sera que plus fragilisé encore par sa rencontre avec Yazaki et elle ne s'en sort pas vraiment. Elle est touchante dans sa fragilité, comme du cristal.
   L'image la plus forte du roman est la toute dernière, celle qui clôt la trilogie et qui donne tout son sens au trio Yazaki-Keiko-Reiko :
« Je restai à regarder les feuilles de menthe se déliter et se mélanger avec le rhum, le sucre et l'eau. »


Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort (Ecstasy, Melancholia et Thanatos)
de Murakami Ryû, publiés chez Picquier poche.

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M
Tu m'intrigues. J'ai "Les bébés de la consigne automatique" de cet auteur dans ma PAL. Si j'accroche, je lirai "Ecstasy"
Répondre
K
<br /> Oui, j'en ai souvent entendu parler, mais bizarrement, on n'entend jamais parler de la trilogie ! Je ne l'ai pas lu, donc je ne sais pas s'il est aussi bon que les trois autres... En tout cas, tu<br /> me diras ça quand tu l'auras lu, un de ces jours !<br /> <br /> <br />
Y
Je n'ai jamais lu ce Murakami là, qui a l'air totalement différent de l'autre, Haruki. Cette lecture semble être une expérience... spéciale. Ce qui est sexuel ne me dérangerait pas, par contre, la souffrance et la violence, beaucoup plus...
Répondre
K
<br /> Ben, la violence... La violence est beaucoup plus psychologique que physique, la souffrance beaucoup plus morale que physique aussi... Pour moi, ce sont des romans psychologiques avant tout,<br /> mais... enfin, c'est difficile d'expliquer sans dire tous les punch ! Faut essayer je crois pour se fixer. Si j'ai accroché ton intérêt, alors le mieux c'est de plonger, non ? :)<br /> Et je confirme, c'est vraiment toute une expérience !<br /> <br /> <br />