« Un monde, le nôtre, dans un futur pas si lointain... Un monde dévasté à la suite d'une catastrophe écologique sans précédent, où se combinent des conditions climatiques aberrantes, des manipulations génétiques délirantes et un virus foudroyant prompt à détruire l'ensemble de l'humanité. Esseulé au coeur de cet enfer aseptisé et visionnaire, digne de 1984 et d'Orange mécanique, un homme, Snowman, est confronté à d'étranges créatures génétiquement modifiées, les Crakers, une nouvelle race d'"humains" programmés pour n'être sujets ni à la violence, ni au désir sexuel, ni au fanatisme religieux. Tel un Robinson futuriste, il doit lutter pour sa survie et celle de son espèce. Au risque d'y perdre son âme... »
Des fois, on se demande si les auteurs de la quatrième de couverture ont vraiment lu le livre en question... Dans ce cas-ci, je trouve que le résumé de derrière le livre reste un objet promotionnel fait pour attirer le lecteur dans ce qu'il croira être soit une relecture de 1984 ou du Meilleur des mondes, soit une grande réflexion sur le monde humain et sa progression fulgurante dans la science. Bien sûr que l'histoire en parle. Sauf que ce n'est pas exactement comme c'est écrit là... En fait, Snowman se retrouve tout seul - ou presque - avec les Crakers parce qu'il en a la charge. Il doit veiller sur eux, parce que son meilleur ami est devenu fou et a diffusé un virus qui a décimé pratiquement toute la population humaine et il a manipulé Snowman par l'entremise de la femme de sa vie pour qu'il (son meilleur ami) se fasse tuer. Une relation trioliste des plus banale qui se termine mal.
Évidemment, il y a tout un contexte futuriste où la science est devenue un marché très lucratif et où la crème des scientifiques se retrouvent dans une sorte de ville fortifiées, les cerveaux ensemble et le reste du monde à l'extérieur. La nourriture n'a presque plus rien de biologique, tout est modifié génétiquement pour offrir le meilleur rendement et profit.
Pendant toute la longueur du récit - et c'est long je vous assure - Snowman alterne entre la vie qu'il mène maintenant parmi les Crakers et se souvenirs afin qu'on puisse voir l'ensemble du avant et de l'après.
Et au moment où on se dit que - enfin ! - il va y avoir un peu de sport (parce que la réflexion, c'est comme la musculation, faut avoir des temps de pause), l'auteure nous arrête là en se disant que le lecteur pourra sûrement imaginer une fin à son image. Autant vous dire que ce fût décevant.
J'avais vu Margaret Atwood à Tout le monde en parle et elle m'avait charmée, autant que pour son intelligence que pour son talent d'oratrice et je m'étais lancée. J'aurais peut-être dû commencer par son best-sellers La servante écarlate ?
Le dernier homme de Margaret Atwood, chez 10/18, 2005, 475p.